Le bilan du mercato de Thiago Scuro
Marché des transferts
(02/09/2026)
Le Directeur Général de l'AS Monaco, Thiago Scuro, s'est présenté devant la presse pour raconter sa version des faits de la rocambolesque dernière journée de mercato, qui a vu s'évanouir les possibles transferts de Folarin Balogun à Everton et de Lamine Camara à Chelsea, privant également le club monégasque de l'arrivée du méxicain Érik Lira.

Le déroulé de la soirée ?
Mardi matin encore, après l'entraînement, nous avons discuté avec Lamine. Il a exprimé son souhait de rester, affirmant qu'il se sentait bien au club et qu'il s'y était parfaitement adapté. Parallèlement, nous avons trouvé un accord pour le transfert de Balogun à Everton. Il s'est envolé mardi matin pour passer la visite médicale et signer son contrat.
Notre plan fonctionnait très, très bien, à ce stade. Le départ de Balogun libérait la masse salariale dont nous avions besoin. Outre l'économie de salaire, ce transfert représentait également une rentrée d'argent importante pour le club, nous aidant ainsi à équilibrer les comptes de la saison. Et puis, il y avait le maintien de Lamine. C'est la situation telle qu'elle se présentait jusqu'en milieu d'après-midi.

Ce qui s'est passé, c'est que Chelsea continuait de tâter le terrain et d'insister. Je discutais avec eux depuis une dizaine de jours. Vers 16 heures, Chelsea nous a contactés : "Est-ce que Monaco serait prêt à vendre Lamine ?"
La réponse est restée la même : non. À ce moment-là, à 16 heures, Balogun se trouvait à Liverpool pour passer sa visite médicale, avec Everton. Tout se passait plutôt bien. Vers 19 heures, Everton nous a contactés pour soulever des questions concernant la visite médicale de Balogun.

Des interrogations qui, tant pour notre staff médical que pour le médecin personnel du joueur, n'avaient absolument aucun sens. Les explications fournies ne justifiaient en rien des inquiétudes quant à l'avenir du joueur, car il n'y en avait pas. Une discussion s'est alors engagée entre les services médicaux des deux clubs. Il a fallu deux ou trois heures à Everton pour approfondir l'évaluation et consulter d'autres médecins. C'est une situation normale lorsqu'un médecin de club émet des doutes.

Entre-temps, l'information a très vite fuité. Et là, bien sûr, Chelsea a vu une opportunité. C'est le jeu. C'est de bonne guerre. Ils nous ont appelés. C'est à ce moment-là que nous avons dû ouvrir la porte à des discussions pour Camara. Il était presque 20 heures. J'ai informé le joueur directement et son agent. Nous discutions des conditions d'un éventuel transfert de Lamine à Chelsea. Parallèlement, les discussions concernant la visite médicale de Balogun étaient en cours. Puis, vers 22 heures, ou peut-être un peu plus tôt, Everton a fait savoir qu'il n'y avait plus de problème : ils étaient prêts à conclure l'opération et à signer le contrat.

Dès que nous avons reçu cette information, nous sommes revenus vers Chelsea pour dire : "Nous avons trouvé un accord de ce côté-là, donc l'opération pour Lamine ne se fera pas." Cela fait aussi partie du jeu. Il n'y a aucune raison pour que ce genre de discussions soient soudainement perçues négativement, comme si Monaco était le "méchant" de l'histoire ou agissait de manière injuste ou incorrecte. Tout le monde est très correct et aimable dans le milieu du football. Sauf Monaco, apparemment. C'est exagéré...

La Premier League dispose d'un mécanisme permettant de demander une heure supplémentaire pour finaliser la paperasse. C'est ce que nous avons fait à cinq minutes de la fermeture du mercato, afin de boucler tous les documents entre Monaco, Everton et Balogun. J'ai signé le contrat. Everton a signé le contrat. Mais au dernier moment, le joueur a décidé de ne pas signer. En substance, l'argument de Balogun était le suivant : "Je ne me sens pas bien par rapport à la façon dont le club m'a traité. Je suis mal à l'aise face aux doutes émis par le service médical d'Everton concernant mon avenir ou ma santé. Je n'ai pourtant aucun problème de santé. Je ne suis donc pas serein à l'idée de signer un contrat ici." C'est ainsi que nous avons terminé notre mercato. Pour résumer, l'histoire concernant ces deux joueurs et les événements de mardi était inédite pour moi aussi. C'est la première fois de ma carrière que je vis une dernière journée pareille.

Et maintenant, quelles conséquences ?
Ce n'est pas agréable de passer les deux derniers jours du mercato au bureau jusqu'à 3 heures du matin à chercher des solutions tous azimuts. C'est un aspect que nous devons améliorer. Et ce n'est pas agréable de devoir s'expliquer et d'assumer toutes les conséquences de la situation. Mais la réalité, aujourd'hui, c'est que nous sommes très, très heureux de compter Lamine Camara parmi nos joueurs clés.

Nous attendons maintenant le retour de Folarin pour nous asseoir, discuter et déterminer ensemble la suite des événements.
D'autres marchés restent ouverts (Turquie, Arabie saoudite) et nous menons des discussions concernant différents joueurs, dont Balogun. Oui, il est possible que d'autres joueurs qui ne sont pas au coeur de nos préoccupations actuelles partent dans les prochaines 48 heures.

En substance, notre plan financier fonctionnait presque parfaitement jusqu'à 19 heures. Nous étions dans les clous concernant la réduction de la masse salariale. Nous avions réussi à attirer les joueurs que nous voulions. Tout avait été validé au préalable par la DNCG. Il ne nous restait qu'un très léger déficit financier à combler cet hiver. Nous devons désormais faire face à cette situation et trouver des solutions par d'autres voies. En termes de pourcentage, je dirais que nous devions réduire la masse salariale d'environ 20 % par rapport à ce qu'elle était. À l'heure actuelle, nous devons encore trouver des solutions ou discuter avec le DNCG de la marche à suivre. Nous abordons ce sujet chaque semaine, de manière très ouverte et transparente.

En vouloir à Balogun ?
Je n'étais pas sur place. Nous devions respecter sa décision. De notre côté, nous avions fait le nécessaire. Nous avions trouvé des solutions. Nous avons contesté l'avis médical et bien travaillé. Finalement, Everton avait convenu avec nous que Balogun ne souffrait d'aucun problème... C'est pour cela qu'ils s'apprêtaient à signer le contrat, avec même des conditions légèrement plus avantageuses pour le joueur et pour Monaco en termes d'échelonnement des paiements. Mais la réalité, c'est que Balogun a ressenti un certain malaise et ne voulait pas signer. Nous ne pouvions pas nous permettre de le forcer sans raison valable.

Concernant Lamine : le joueur a pu s'enthousiasmer grâce aux échanges avec l'entraîneur et à tout ce qu'un club comme Chelsea peut proposer et promettre. En fin de compte, il nous a aussi demandé d'essayer de trouver une solution pour qu'il puisse partir. Désormais, nous allons continuer à le respecter et à travailler avec lui, en connaissant sa mentalité et son caractère. Comme pour beaucoup d'autres joueurs, de meilleures opportunités se présenteront à l'avenir. Ce n'est pas la fin du monde.

Que changerais-je si c'était à refaire ?
Peut-être devrions-nous envisager de faire comme certains pays, comme la Belgique ou la Turquie, qui prolongent la période des transferts d'un ou deux jours. C'est le premier point. Quant au second, je ne suis pas du genre à nourrir des regrets en repensant au passé. Compte tenu des éléments et des informations dont nous disposions, j'estime que nous avons pris de très bonnes décisions. Malheureusement, le résultat n'est pas celui que nous attendions. Il est facile de juger les faits a posteriori. Je ne pense pas que nous avions des attentes démesurées (en termes de montants espérés).

Est-ce que cela nous a empêchés de recruter d'autres joueurs ?
Nous avons été très peinés par la situation concernant Érik Lira (milieu de Cruz Azul). L'accord était prêt. Le joueur était prêt à faire le déplacement. Il ne manquait plus qu'une dernière étape, mais l'accord était conditionné au départ de Balogun, qui devait libérer une place d'extracommunautaire dans l'effectif.

Thiago Scuro - Site L'Équipe.fr
Partager sur :

FIL INFOS